dimanche 31 janvier 2016

Le cru par l’exemple : Pourquoi pas vous ?

Récemment encore, sur la page Facebook Manger-cru, une internaute demandait s’il existait des cours d’initiation à l’alimentation crue. La question paraît pertinente. Pourtant, a-t-on besoin de cours d’initiation pour pratiquer le jogging ? Bien sûr que non. Il en va de même pour ce qui est de manger cru. C’est aussi simple et naturel que de courir. Cela semble néanmoins d’une immense difficulté à certaines personnes. Elles pensent que cette façon de s’alimenter doit être terriblement ascétique, qu’il doit être compliqué de manger équilibré, que le cru intégral est impossible, que ce peut être dangereux pour les enfants. Ce ne sont là que des idées fausses dont certaines sont entretenues par les retours d’expérience de diverses sortes de régimes tels que l’ « Alimentation vivante », le « raw vegan », etc. . Les sites web et les livres consacrés à ces formes de crudivorisme, très en vogue dans les pays anglo-saxons, rivalisent d’ingéniosité pour proposer des recettes de cuisine à base d’ingrédients crus. Pour attrayants qu’ils soient, ces régimes se révèlent peu gratifiants du point de vue gastronomique par rapport au cuit, sans pour autant être équilibrés, même s’ils sont globalement moins toxiques. A la longue, les frustrations qu’ils engendrent rendent inévitable le retour au cuit. C’est pourquoi leurs promoteurs proposent des aménagements cru/cuit comme par exemple le régime 80-20, 80% de cru et 20% de cuit.

Pratiquer le crudivorisme, c’est manger cru sans cuisiner. Ce n’est pas sexy, cela semble radical à l’excès, c’est pourtant ce qui permet d’expérimenter des niveaux de plaisir gastronomiques souvent supérieurs aux meilleurs plats cuisinés. Cela vous étonne ? Vous n’y croyez pas ? Vous changerez d’avis lorsque vous aurez essayé.

Revenons au quotidien. Dans la pratique de tous les jours, manger cru c’est juste remplacer les plats cuisinés par des crudités, des fruits, des oléagineux, des graines germées. Rien de bien compliqué en vérité, si ce n’est que cela change quelques habitudes. Cela se fait facilement quand on se contente de manger cru occasionnellement. Par exemple faire un repas cru de temps en temps, le week-end ou pendant les vacances. Dans ce cas il suffit de profiter des fruits et légumes de saison, notamment à la belle saison et au début de l’automne, lorsqu’ils sont abondants, variés et abordables. Si l’on veut aller plus loin, passer au cru intégral durant quelques jours ou quelques semaines, voire plus, il faut effectivement s’organiser différemment, diversifier ses sources d’approvisionnement, faire attention à la qualité des produits et diversifier son alimentation. Il est vrai que cela requiert une certaine expérience. Là encore, rien de bien compliqué mais tellement à contre-courant des facilités de notre société de consommation qu’il faut un certain temps d’adaptation.

Plutôt que des cours ou des stages d’initiation, le mieux serait peut-être que les personnes intéressées par cette pratique alimentaire côtoient ceux qui la vivent au quotidien. C’est en accompagnant des crudivores que vous découvrirez où ils font leurs courses, comment ils reconnaissent les bons produits, comment ils les entreposent chez eux, comment la vie s’organise quand tout le monde ne mange pas cru dans la famille, comment ça se passe avec les proches, les amis, les collègues. Et c’est en partageant leurs repas que vous vous rendez compte que tout est plus simple. Pas de cuisine à faire, préparation minimaliste des repas, peu de vaisselle. De leur côté les crudivores que vous rencontrerez apprécieront sûrement de partager leur expérience. Ce sera pour eux le moyen de transmettre un savoir-être, certes un peu atypique, mais tellement gratifiant. Ils vous expliqueront ce que le cru leur aura apporté de santé, de plaisirs, de découvertes et de bien-être. Vous verrez que malgré tout, leur mode de vie est semblable au vôtre. L’expérience vous tente ? Que vous soyez crudivore ou intéressé par cette pratique, la page Facebook Manger-cru est à votre disposition pour vous mettre en relation. Par message privé indiquez vos coordonnées, vos disponibilités, si vous êtes crudivore ou personne intéressée. En tant qu’administrateur de la page Manger-cru, je me charge de faciliter les échanges et organiser si besoin les rencontres.


A bientôt.

jeudi 31 décembre 2015

Savez-vous qu’aujourd’hui, alors qu’il existe 30 000 espèces végétales comestibles, les trois quarts de notre alimentation sont assurés par seulement 9 d’entre-elles et la moitié par les 3 principales que sont le blé, le maïs et le riz ?
Le graphique ci-dessous est issu d’un rapport de la FAO, paru en 2000. Il date un peu mais un rapport plus récent, de 2010, confirme et même dramatise : « La diversité génétique des plantes que nous cultivons et consommons -- et des espèces sauvages apparentées -- pourrait disparaître à jamais, compromettant ainsi la sécurité alimentaire future, à moins que des efforts extraordinaires soient déployés non seulement pour préserver la biodiversité mais aussi pour l'utiliser ».


Cette focalisation sur un nombre très réduit de ressources se traduit par de la production agricole de masse qui est la principale cause des déforestations, de l’érosion et de l’appauvrissement des sols. Les espaces naturels sont avalés par ces monocultures. Cet énorme gaspillage de ressources comestibles à l’échelle mondiale met gravement en péril la biodiversité. Si nous assistons à la sixième extinction massive, ce n’est pas à cause du réchauffement climatique mais à cause de l’agriculture. Le message de la FAO est clair, si nous ne réagissons pas c’est notre avenir et celui de nos enfants qui est menacé.

Il est donc primordial de remettre à l’honneur toutes ces ressources comestibles sous estimées ou ignorées. D’abord les sortir de l’anonymat, les décrire, les valoriser puis les remettre dans le circuit de l’alimentation humaine. Il y a urgence à agir et c’est la raison pour laquelle nous avons lancé NaturEdible. L’objectif de NaturEdible est de rassembler au sein d’un réseau planétaire ceux qui les étudient, ceux qui les protègent, ceux qui les produisent, ceux qui les distribuent et bien sûr ceux qui les consomment. Grâce au partage de nos compétences et de nos savoirs, c’est ensemble que nous pourrons organiser et structurer les productions nouvelles qui remettront ces comestibles dans nos assiettes.

La plateforme NaturEdible, en cours de construction, est conçue comme un outil collaboratif et multiculturel. Sa première version permettra de recenser les comestibles au sein d’un catalogue universel. Chaque comestible y sera décrit sous différentes approches : botanique, nutritionnelle, historique, mode de préparation, conservation, transport, etc. Ce sont les internautes eux-mêmes qui renseigneront ses différentes rubriques. Ils pourront même les traduire dans la langue de leur choix. Ainsi, un nutritionniste partagera son savoir sur les qualités nutritionnelles d’un comestible, un autre en précisera les caractéristiques botaniques, tandis qu’un autre s’attardera sur la manière de la consommer. De telle sorte qu’une même ressource alimentaire sera décrite par diverses personnes aux compétences complémentaires. Grâce à cette diversité d’approche et cette multiplicité d’intervenants d’horizons et de cultures différentes, ce catalogue devrait rapidement devenir une mine d’information inégalée. Forte de la participation de passionnés du monde entier, NaturEdible devrait s’imposer comme LA référence dans le domaine de l’alimentation humaine. Ce recensement est essentiel pour aborder la deuxième phase de notre développement qui consistera à tout mettre en œuvre pour que ces comestibles arrivent dans nos assiettes. Des fonctionnalités supplémentaires seront ajoutées à la plateforme NaturEdible pour accompagner leur adoption par des producteurs professionnels ou amateurs, pour faciliter leur distribution et les rendre accessibles aux consommateurs. Ce projet est ambitieux, certes, mais il n’est pas irréaliste. Il répond à la nécessité de déployer les « efforts extraordinaires » évoqués par la FAO. Ces efforts auront d’extraordinaire, non pas d’être insurmontables, mais d’être la somme des participations de chacun pour la convergence de leurs intérêts avec ceux de la planète.

Références FAO :
Problèmes d’éthique dans l’alimentation et l’agriculture
Biodiversité végétale: l’utiliser ou la perdre