jeudi 30 juin 2016

Etat des connaissances scientifiques sur les mécanismes de la nutrition humaine

Récemment sur France Inter, l’émission « La tête au carré » avait pour thème « les mécanismes de la faim ». Sujet crucial pour qui s’intéresse à la nutrition. N’ayant pu l’écouter lors de sa diffusion, je l’ai retrouvée en lançant une recherche sur internet avec, en guise de mots clés, le titre de l’émission. J’ai ainsi pu l’écouter. Par la même occasion j’ai aussi glané dans les résultats de recherche quelques articles sur ce sujet dont un de la revue scientifique « La Recherche ». J’ai aussi découvert une émission sur le même thème sur France Culture avec d’ailleurs la même invitée : Marie Thirion. Je me suis d’abord dit qu’il s’agissait des mêmes émissions, mais non. L’article de « La Recherche » aborde cette question sous l’angle des mécanismes biochimiques à l’œuvre au niveau du système digestif. Ce domaine d’étude, longtemps boudé, a été ramené au premier plan des préoccupations des scientifiques à cause de l’épidémie d’obésité. Le but de leurs recherches évidement : trouver la pilule miracle contre l’obésité. Mais le chemin est parsemé d’embuches. Les chercheurs trouvent des tas de choses mais ce qu’ils découvrent, c’est que les mécanismes de la faim sont terriblement compliqués et qu’ils ne sont pas au bout de leurs peines. En gros, il y a le noyau arqué, logé dans la partie la plus ancienne du cerveau, l’hypothalamus, qui serait le chef d’orchestre et une kyrielle de neurotransmetteurs et d’hormones pour jouer la musique de notre appétit.

L’émission sur France Inter a davantage porté sur les aspects psycho-affectifs. Les intervenants ont parlé rythmes alimentaires, nombre de repas par jour, faim du bébé, nombre de tétées par jour. Ils expliquent que nos expériences passées, celles de la prime enfance, déterminent notre comportement alimentaire présent. Ils reprennent aussi l’approche freudienne de la période orale chez l’enfant pour expliquer certaines de nos appétences ou de nos aversions alimentaires. Ils insistent aussi beaucoup sur l’environnement affectif qui accompagne l’acte de manger. Tout cela est certes passionnant mais sans intérêt pratique pour ceux qui souffrent d’obésité.

Sur France Culture, Marie Thirion, médecin et auteure du livre « Pourquoi j’ai faim », enfonce le clou. Elle affirme que les raisons qui nous font manger sont largement inconscientes. C’est pourquoi les régimes ne marchent pas. Tenter, par la seule volonté, de contrôler son alimentation est voué à l’échec. Qu’on le veuille ou non, nous sommes irrémédiablement sous l’emprise de nos désirs et de nos conditionnements. N’importe quoi peut déclencher le désir de manger : une odeur, la vue d’un plat, un bruit de casserole, les publicités, la lecture d’une recette, parler nourriture. Dès qu’arrive l’heure du repas, nous ressentons de la faim, nous avons l’estomac qui gargouille. Chez certaines personnes, ce conditionnement est tel, qu’il leur est impossible de sauter un repas.

A écouter tous ces spécialistes il n’y aurait donc pas de solution, de perspective de guérison lorsque l’on souffre de troubles du comportement alimentaire ? Lorsqu’on lui pose cette question, Marie Thirion désigne un coupable : l’agro-alimentaire. Une catastrophe de santé publique, selon elle. Si solution il y a, elle consisterait à éviter ces produits. Bien, mais pour les remplacer par quoi ? Par du « fait maison » ? Un gâteau au chocolat mijoté dans le four familial est-il plus sain qu’une barre chocolatée vendue en supermarché ? Pas si sûr ! Alors quoi ? Se priver de tout ce qui est trop sucré, trop salé, trop gras ? Votre inconscient mettra vite vos meilleures résolutions au tapis. Sur ce point, celui d’une solution pratique, le discours des scientifiques se fait plein de circonvolutions, de nuances, d’à peu près, de cas particuliers.

Pourquoi ? Parce que les mécanismes de la nutrition sont beaucoup plus complexes que ce qu’ils imaginaient il y a encore quelques années. Sans doute aussi parce que, s’ils sont convaincus que l’alimentation moderne ne convient pas à nos organismes, ils ne savent pas encore définir ce qu’est une alimentation qui convient.

Peut-être qu’en mettant en perspective des savoirs de domaines différents émergeraient des réponses à cette question. Les observations de Sabrina Krief sur le comportement alimentaire des chimpanzés ne peut-il suggérer quelques pistes de réflexion ? Cette capacité qu’ont les singes à détecter la nourriture qui leur convient dans la nature, peut-elle exister chez son proche cousin, l’être humain ? Les découvertes des mécanismes biologiques, le dialogue permanent entre le cerveau reptilien et le système digestif, la présence d’un deuxième cerveau, tout cela suggère que les mécanismes de régulations sont nombreux et sophistiqués. Se pourrait-il qu’ils le soient assez pour que nous puissions, tout comme les singes, détecter par nous-même la nourriture qui nous convient et la consommer sans excès ? Dans ce cas, quels mécanismes seraient mis en œuvre ? Les découvertes récentes sur l’olfaction ne peuvent-elles pas apporter un début de réponse ? Enfin, d’une manière plus générale, pléthore d’études scientifiques ont montré que les aliments consommés crus, habituellement les fruits, mais pas qu’eux, ont des effets bénéfiques, voire très bénéfiques sur la santé. Cela ne pourrait-il pas suggérer que ce sont ces aliments-là qui nous conviennent le mieux ? Au regard de l’évolution, quel type d’alimentation est susceptible d’être celle qui nous convient ? Le Coca-Cola ou la figue ?

Il y a des choses simples, que tout un chacun peut aisément vérifier empiriquement, qui tardent à être validées scientifiquement. La nutrition est de celles-là. Oui, empiriquement, tout un chacun peut constater que son corps réagit différemment avec chacune des nourritures crues. Il y a la phase d’appétence qui nous attire vers une nourriture et pas vers l’autre, la phase de jouissance, celle du plaisir de manger et dont l’intensité est corrélée au besoin qu’a l’organisme de cette nourriture et la phase de satiété qui signale la satisfaction de ce besoin. Ne tardez pas à en faire l’expérience ! Profitez de l’été et de l’automne pour cela. Ce sont les saisons qui offrent le plus large choix de fruits bon marché. Avec des variétés rustiques de fruits ou de légumes, en faisant confiance à vos sens de l’odorat et du goût, vous identifierez facilement ces trois phases. Vous y êtes ? Alors vous venez de faire une découverte scientifique majeure.

France Inter : La Tête au Carré - Les mécanismes de la faim
La Recherche : Des hormones pleines d’appétit
France Culture : Révolutions médicales - Les mécanismes de la faim
Pourquoi j’ai faim, Marie Thirion, Editeur Albin Michel

mardi 31 mai 2016

Quelques mots sur un légume exotique : le Bengkoang

Pachyrizus erosus, ce nom barbare ne vous rien. Il s’agit d’une plante, d’une liane en fait, qui pousse dans les régions tropicales et dont la racine se consomme. En Amérique centrale d’où elle est originaire, elle s’appelle xicama ou jicama. En Asie son nom est Bengkoang. Vous la reconnaitrez dans les magasins asiatiques à sa forme de grosse toupie ventrue. Sa chair blanche est protégée par une peau ligneuse brun pâle.
C’est un tubercule au goût surprenant que je vous invite à découvrir. Sucrée, rafraichissante et croquante, sa texture fait penser à celle de la pastèque mais en plus ferme. Il en existe deux variétés : la variété aqua produit un jus translucide, tandis que la leche a un jus laiteux. C’est la variété aqua que vous trouverez en Europe.

Le Bengkoang se conserve très bien dans un endroit frais et sec. A une température comprise entre 12,5°C et 15°C, il tient ainsi jusqu’à deux mois. En revanche une température trop froide, celle d’un réfrigérateur par exemple, provoque des tavelures brun foncé puis un dessèchement de la chair qui se nécrose. A une température trop élevée, une sorte sudation visqueuse de la peau se produit et la chair commence à pourrir.

Le goût sucré de ce tubercule vient d’oligosaccharides appelés inuline (pas insuline !) qui ne sont pas assimilés par le corps. Le Bengkoang peut donc être consommé par des personnes diabétiques ou ayant un régime basse calories. Il est aussi riche en amidon, en vitamine C et en oligoéléments tels que le calcium, le fer ou le phosphore.


On lui prête de nombreuses vertus :
  1. Soigne les hémorroïdes et régule la digestion : L’inuline contenue dans le tubercule est une fibre diététique qui aide la digestion.
  2. Fait baisser la fièvre. Le Bengkoang à des propriétés chimiques qui agissent comme des réfrigérants. C’est pourquoi ce tubercule est efficace pour faire baisser la fièvre.
  3. Réduit la production d’acide gastrique. L’excès d’acidité gastrique cause des douleurs parfois accompagnée de nausées. La chair du Bengkoang a des propriétés alcalines qui résorbent l’acidité gastriques à condition toutefois de le consommer sans sauce.
  4. Soigne le muguet : Riche en vitamine C, le Bengkoang calme les aphtes.
  5. Maintient les os et les dents en bonne santé. Le Bengkoang est une importante source de calcium nécessaire pour une bonne minéralisation des os et des dents
  6. Atténue les effets de la ménopause : Le Bengkoang contient des phytoestrogènes naturels. Sa consommation lors de la période de la ménopause réduit les effets des changements physiques.
  7. Élimine les taches sur le visage : En plus d’être consommé, le Bengkoang peut également être utilisé en usage externe en tant que masque de beauté. L'utilisation régulière de masques au Bengkoang maintient la fraîcheur de la peau et élimine les imperfections et les taches brunes.
  8. Lisse et blanchit la peau : La chair du Bengkoang peut également être utilisé comme un gommage. Son utilisation systématique adoucit et blanchit la peau. Il n’est pas rare de retrouver dans la composition des cosmétiques des ingrédients de base de Bengkoang.